À seulement sept ans, Nasra découvre le monde avec un regard neuf — au sens propre du terme.
Lorsqu’elle prend la parole pour la première fois, elle se montre timide, ne sachant même pas quel âge elle a. Mais demandez à sa mère, insiste-t-elle, car «maman sait ». Son innocence transparaît dans ces mots simples. Et derrière ses nouvelles lunettes, offertes grâce aux donateurs de Seva Canada, ses grands yeux curieux brillent d’espoir.
Nasra est en CP dans une école primaire située dans la banlieue de Moshi, en Tanzanie. Pour elle, l’école n’est pas seulement synonyme de cours, mais aussi de joie. Ce qu’elle préfère, avoue-t-elle avec un sourire, c’est manger du riz pilau aux haricots. « Le riz de l’école est très bon », dit-elle, comme si elle décrivait un petit trésor du quotidien.
À la récréation, elle déborde d’énergie. Chanter et danser sont ses activités préférées, et sans hésiter, elle entonne une petite chanson enjouée : « Notre prof n’aime pas le bruit… il aime les chansons et les acclamations… pauvre âne, ses cornes lui servent d’oreilles. »
Son rire emplit la pièce ; la joie qui transparaît dans sa voix est désormais plus évidente, puisqu'elle peut voir les visages qui l'entourent.
« Avant d’avoir mes nouvelles lunettes, je ne voyais pas le tableau noir à l’école parce que je ne voyais pas de loin, surtout quand il y avait du soleil. Ma mère m’a emmené à l’hôpital pour passer un examen de la vue. C’est mon héroïne. ». Nasra’s déclare en souriant : «Je l'aime parce qu'elle m'a acheté des chaussures, des vêtements et cette robe». déclare fièrement Nasra en virevoltant dans sa magnifique robe blanche. Mais le cadeau le plus précieux que sa mère l’ait aidée à recevoir est sans doute cette paire de lunettes qui repose désormais délicatement sur son visage.
Quand on lui demande si c’est elle qui les a choisis, Nasra secoue la tête. « Maman, j’adore mes lunettes. » À cet instant, il apparaît clairement que ce sont bien plus que de simples lunettes : elles sont sa fenêtre sur le monde.
Pour Nasra, le don de la vue lui permet désormais de voir les jeux auxquels elle joue, les plats qu’elle adore, le sourire de sa mère, ainsi que le monde des couleurs et des formes qui l’attend.
Ce n'était pas seulement une paire de lunettes. C'était une porte ouverte sur la joie, l'apprentissage et toutes sortes de possibilités. Et grâce à elles, l'histoire de Nasra ne fait que commencer.



